Le choix d’être solopreneure, par Flavie fondatrice du Board

Il existe de multiples façon d’entreprendre. De nombreuses femmes font le choix d’être solopreneure ou free-lance pour tenter de concilier au mieux leur vie professionnelle avec leur maternité. Devenir solopreneure c’est le choix de Flavie, qui aime ce mode d’entrepreneuriat au point d’en avoir fait le coeur de son business avec Le Board – le média des solopreneurs.  Je vous propose de découvrir le parcours de Flavie, maman bosse en mode solopreneure.

Etre solopreneure est un choix éclairé

Flavie est une femme dynamique et audacieuse qui a transformé radicalement son parcours professionnel après un divorce et la naissance de son deuxième enfant. Fondatrice du média des solopreneurs, Le Board, elle partage son expérience, ses doutes et ses réussites. Comment passe-t-on de la gestion d’une équipe internationale à une vie de solopreneure ? Comment s’organise-t-on pour lancer son activité avec deux enfants en bas âge ? Autant de questions auxquelles Flavie répond à ces questions avec sincérité et transparence.

L’importance de la rentabilité pour les femmes solopreneures

Au cours de l’épisode, Flavie soulève un point crucial : la rentabilité. Elle nous rappelle que l’entrepreunariat féminin ne doit pas rimer avec précarité. Au contraire, elle insiste sur la nécessité de viser une activité lucrative, qui permettent aux solorepreneures de s’affirmer professionnellement. L’occasion de déconstruire l’idée reçue selon laquelle les « mompreneures » doivent se cantonner à des domaines traditionnels et encourage à la diversification des activités.

C'est cool de dire, on entreprend, on est plus libre, je m'occupe de mes enfants. Mais si c'est pour derrière, gagner 1 500 euros par mois, et encore, dans 9 cas sur 10, gagner moins que ça. Moi, je trouve que c'est un signal d'alarme quand même. Je pense qu'on peut, on doit, se mettre en mode d'essayer de combiner les deux.
flavie prevot le board
Flavie Prevot
Fondatrice du Board

 

Les 3 raisons d’écouter cet épisode : 

  • S’inspirer du parcours d’une femme qui a osé repenser sa vie personnelle et sa carrière
  • Comprendre que tout n’est pas parfait au premier jour et qu’un business, même en solopreneure, évoluer au fil du temps
  • Découvrir des conseils pratiques et pragmatiques pour développer son business sans sacrifier sa vie de famille 
  • Réfléchir sur les différents modes d’entrepreneuriat possibles, en particulier le mode solopreneure.

Envie d’aller plus loin, vous trouverez ici notre sélection d’épisodes consacrés à l’entrepreneuriat.

Bienvenue sur Maman Bosse, le premier podcast collectif qui traite du sujet carrière et maternité. Disponible trois mardis par mois sur toutes les plateformes d’écoute et sur le site mamanbosse.fr. 

C’est cool de dire, on entreprend, on est plus libre, je m’occupe de mes enfants, mais si c’est pour derrière, gagnez 1 500 euros par mois. Et encore, dans 9 cas sur 10, gagnez moins que ça. Moi, je trouve que c’est un signal d’alarme quand même. Je pense qu’on peut, on doit se mettre en mode d’essayer de combiner les deux. 

Dans cette saison 4 consacrée à l’entrepreneuriat, nous allons explorer toutes les facettes du sujet pour comprendre ce que signifie vraiment être une Maman Bosse aujourd’hui, quelle est la réalité de la place des mères dans le monde du travail et quelle est leur relation à l’entrepreneuriat. 

Je suis Marie, fondatrice du collectif et vous écoutez Maman Bosse, un espace de parole libre et bienveillant pour montrer comment et pourquoi la maternité impacte nos vies professionnelles. Aujourd’hui, vous allez découvrir le parcours de Flavie, fondatrice du Board, le média des solopreneurs. Entreprendre n’a pas toujours été une évidence pour Flavie. Elle a débuté sa carrière professionnelle en entreprise, bien lancée sur les rails de la carrière dite à succès. Responsabilité, management et postes à l’ international, elle enchaîne ainsi pendant plusieurs années. Et puis, un divorce et un enfant plus tard, elle se questionne sur ses véritables envies professionnelles. Le point de départ d’une réflexion qui la conduira, lors de la naissance de son second enfant, à se lancer dans l’entrepreunariat, et plus particulièrement en tant que solopreneur. Comment on passe de gérer une équipe de plusieurs dizaines de personnes à vouloir travailler seule ? Comment on s’organise pour lancer son activité avec deux enfants en bas âge ? Est-ce qu’être solo dans son business, c’est forcément être seul ? Autant de sujets abordés dans cette conversation passionnante avec Flavie. Bonne écoute ! 

 

Bonjour Flavie, bienvenue chez Maman Bosse. Je suis ravie de t’accueillir aujourd’hui. Pour commencer, est-ce que tu peux nous dire de qui tu es la maman et dans quoi tu bosses ? 

Salut, merci beaucoup de me recevoir. Je suis trop contente. Alors moi, je suis la maman de Castille, 4 ans, et Hippolyte, 2 ans. Et je suis solopreneur maintenant, un nouveau format d’entrepreneuriat en solo. Mon activité, c’est principal, c’est que j’ai un média, un podcast qui s’appelle Le Board, accélérateur de solopreneurs. Et donc, toutes les semaines, je donne des conseils pour aider les gens à se lancer dans l’aventure du soloprenariat. C’est aussi une formation qui aide les gens à passer de freelance à solopreneur, parce que c’est une nouvelle façon d’entreprendre sur laquelle il n’y a pas trop d’aide, d’école, tout ça, ça ne s’apprend pas dans les écoles. Et donc là, mon gros projet 2024, c’est de créer le premier incubateur de solopreneurs, donc vraiment avec une méthode, des cours, des experts, des gens qui vont accompagner les freelancers à devenir des solo business, c’est-à-dire à développer aussi des produits ou d’autres formes de revenus plus scalables pour ne pas passer leur vie à vendre que leur temps, mais aussi pour avoir une vie du coup plus épanouie. générer des revenus plus confortables et plus prédictifs. Voilà, donc ça c’est ce que c’est au bout de trois ans, mais ça n’a pas du tout commencé par ça. Quand je me suis lancée il y a trois ans, je n’avais pas du tout cette idée au départ. C’est une idée qui m’est venue en avançant et en faisant mon podcast, en parlant à d’autres solopreneurs. C’était aussi un message que j’avais envie de donner, c’est que le projet de société, il se crée en faisant. Mais j’aurais été incapable de te dire que je voulais aller vers là il. Y a trois ans. Et redemande-moi dans trois ans, si ça se trouve, j’aurais encore un peu changé de cap. 

Et aujourd’hui, il ressemble à quoi ton quotidien de maman bosse ? 

Alors écoute, j’allais dire, je suis fatiguée comme toutes les mamans boss, je pense. C’est une vie, franchement, que moi, j’aime bien. Je ne m’attendais pas du tout à avoir cette vie-là, en fait. Je m’attendais à beaucoup plus de, entre guillemets, sacrifice. Après, c’est vrai que je pense que j’ai adapté aussi mon travail à ma parentalité. J’en ai profité aussi pour déménager, pour faire pas mal de changements de vie, en fait, dans l’entre-deux. Donc, je ne sais pas ce qui est dû à la parentalité ou ce qui est dû à mon changement de vie. Et puis, j’ai une vie assez dissociée quand même. C’est-à-dire que j’estime que j’ai ma journée de travail quand ils ne sont pas là et je suis vraiment une solopreneur à part entière. Je ne pense pas trop à ma vie de maman à ce moment-là. Et puis, quand ils sont avec moi, ben voilà, j’ai du temps pour eux. Je peux m’en occuper sereinement, donc ça me fait plaisir. On va reparler de ses adaptations et de ses changements, puisque tu n’as pas toujours été solopreneur.

Alors, comment s’est passé le début de ta carrière ? 

Alors, moi, j’ai eu une carrière on ne peut plus classique, école de commerce, travailler dans des grandes entreprises. À l’époque, je rêvais d’être PDG à 35 ans. Vraiment, j’avais un petit côté en plus un peu féministe de comexe où il fallait que je sois la meilleure, que je progresse, que je pète le plafond de verre et tout ça. Donc, j’ai fait ça. Et puis après, j’ai changé de vie, en fait. Enfin, j’ai changé de vie. J’ai divorcé, j’ai rencontré quelqu’un, etc. Donc ça, ça a été un premier chamboulement dans un peu mes mes rails bien tracés. Et puis, du coup, le deuxième, c’est qu’après, avec ce changement de vie, j’étais enceinte. Pareil, j’ai continué ma carrière corporate, tout ça. Et par contre, le retour m’a fait apparaître des choses, en fait. Tu vois, je me suis rendu compte que j’avais envie peut-être d’autres choses. Là, j’ai commencé à poindre l’idée d’entreprendre. Et c’est qu’au deuxième enfant où j’ai vraiment franchi le pas de me jeter à l’eau et d’aller tester l’entrepreunariat. 

Qu’est-ce que tu as trouvé particulièrement difficile au retour de congé maternité ?

 Déjà, moi, je n’aime pas trop la routine. Je trouve que dans le côté revenir de congé maternité, il y a un peu comme un retour en arrière. Il faut remettre les choses en place, les relations, se dédistendre, etc. Même si j’avais une super équipe. Ce côté un peu rétrograde ne me plaît pas du tout. Au contraire, j’aime bien toujours aller de l’avant, être dans le futur. Là, j’en ai un peu souffert. Du coup, je me suis dit au deuxième, voilà, c’est le moment de partir parce que je ne veux pas faire un retour comme avant, dans un retour de congé maternité. Tu vois, le mot retour, même quand ça se passe bien, pour moi, ce n’était pas un moment très favorable, très agréable de ma carrière. Et puis, le deuxième déclic, ça a été la course au PDG qui s’est un peu arrêtée dans ma tête, où en gros, je me suis dit, est-ce que tu as vraiment envie de ça ? Parce qu’à un moment, j’ai eu l’opportunité de partir travailler à l’international en Allemagne et tout ça, sur un super poste. Et là, c’est même moi qui… Tu vois, c’était une manager femme qui elle-même était enceinte, donc il n’y avait pas du tout la question de me discriminer. Mais c’est plutôt moi qui me suis dit, est-ce que vraiment j’ai envie de ça là maintenant, de repartir sur 3, 4 ans, 5 ans à fond, voyager dans tous les pays, continuer à faire de l’influence, du management, tous ces trucs-là. Et là je me suis dit écoute, suis ta petite voie intérieure, fais ton petit truc, fais ton petit chemin de traverse. Et c’est là que j’ai décidé en fait de profiter quand j’étais enceinte, après il y avait le Covid aussi qui a favorisé les choses parce que plus de travail à domicile, de rejoindre un incubateur en side, donc en parallèle de mon emploi de CDI, donc je n’ai pas lâché la branche à laquelle j’étais accrochée. Et là, je me suis lancée dans l’entreprenariat en parallèle et c’est ça qui m’a ouvert un tout nouveau champ des possibles, professionnel mais aussi personnel. Une plus grande liberté aussi d’organiser ma vie pro et ma vie de maman. 

Est-ce que vraiment tu avais le sentiment de prendre un risque en quittant ton. CDI pour te lancer à ton compte ? 

Non, moi, j’ai beaucoup de confiance. Je pense que c’est sans doute un truc d’éducation, parce qu’on parle de ça aussi dans ton podcast, mais j’ai de la chance. Moi, j’ai des parents qui m’ont donné beaucoup de confiance, donc je n’ai jamais souffert de cette peur de manquer ou quoi. Non, non, je ne m’inquiétais pas. Après, attends, il ne faut pas être naïf quand tu pars avec certains avantages. Moi, j’étais cadre dirigeante, j’avais économisé avant, j’avais une rupture conventionnelle. J’avais tout ce qu’il fallait pour être dans les bonnes cases, pour entreprendre entre guillemets sans risque. Je pense que tout le monde n’entreprend pas avec le même niveau de sécurité. Donc, moi, je n’avais pas peur de ça. Par contre, à cette époque encore, je quittais mon poste de dirigeante pour devenir startupeuse. Donc, c’était encore socialement acceptable. Et quand au final, je me suis rendu compte que même ça, je n’avais pas trop envie, En gros, je schématise, mais de me faire chier à créer une start-up et tout ça, je me suis dit, oh là là, mais ça va être bien compliqué cette affaire. Il va falloir passer deux ans sans se payer, recruter, licencier, machin et tout. Et là, quand je me suis dit, le freelancing, c’est une troisième voie, le soloprenariat, et que j’ai découvert ça, c’est là que j’ai senti que je sautais vraiment de ma branche et que là, j’ai vu les gens qui me regardaient avec étonnement. Genre, mais attends, tu vas quitter ta carrière, ton job et tout ça pour devenir quoi ? Freelance ? Pour faire quoi ? Des podcasts ? Et là, Là vraiment c’était un peu plus l’inconnu et je dirais le virage que j’ai dû le plus négocier pour expliquer à mes proches, à mes anciens collègues et puis aussi leur donner confiance dans ce modèle parce qu’il manque un peu de rôle modèle encore sur le sujet mais c’est quand même un modèle qu’on considère un peu plus précaire que l’entrepreneur alors que c’est C’est faux parce que beaucoup de solopreneurs gagnent mieux leur vie, sont plus rentables et tout ça que des entrepreneurs startupeurs qui finalement ne vont peut-être pas forcément développer leur startup. Donc voilà, c’est un peu là que j’ai eu le petit j’y vais, j’y vais pas. Et après, je me suis dit vas-y, j’y vais. De toute façon, au pire quoi ? Quand j’aurai fini mon congé mat, machin, si tout ne marche pas, je reviendrai dans le salariat et je ne serai pas encore complètement dans un âge où ce sera compliqué pour moi. Donc vas-y, j’y vais. Et donc cette phase de side project, où tu as combiné salariat et entrepreneuriat, ça a duré combien de temps ? Et est-ce que déjà à l’époque, tu. Avais l’idée du business que tu souhaitais lancer ? Alors, si j’essaye de me rappeler la chronologie, je dirais que déjà, j’ai eu l’idée d’entreprendre avant d’avoir l’idée. J’ai eu l’envie avant d’avoir l’idée parce que c’est en se frottant à ça aussi qu’on se rend compte qu’il y a plein de gens qui sont lancés sans avoir trop d’idées. Donc d’abord l’envie. Là, j’ai vivoté un peu. J’ai essayé de m’approprier ces codes de start-up. J’ai regardé des lives, des vidéos, des trucs comme ça. Ensuite, l’idée. À ce moment-là, j’avais l’idée de faire un peu comme un collectif de freelance commerciaux qui interviendraient en entreprise. Moi, j’étais directrice commerciale, donc l’idée, elle est vraiment venue de mon métier. Et après, j’ai lancé mon podcast, Le Board, à l’époque pour ça, pour soutenir cette idée avec l’intuition que quand on est une start-up, personne ne nous connaît. Donc, il faut faire un média pour être connu, tout ça, tout ça. Et là, du coup, ça a duré, je pense, l’incubateur, ça a duré quatre à six mois. Et ensuite, j’ai continué à faire mon podcast qui a un peu changé de portée. J’ai fait un peu de freelance en side et tout ça. Donc, je dirais que mon side, il a duré longtemps, genre au moins un an ou deux ans parce que là, c’est là que j’étais enceinte du deuxième. Je ne m’y attendais pas. Et donc, je me suis dit, je ne vais pas partir maintenant, je vais quand même attendre mon congé mat et tout ça. Donc au final, j’ai fait presque pendant deux ans du side d’entreprenariat et je trouve que ça m’a aidé. Ouais, ça m’a aidé à faire plein de choses en avance et à ne pas me retrouver dans la situation où tu arrives en fin de pôle emploi, il ne te reste plus que six mois de pôle emploi et tu n’as toujours pas créé ta boîte. Ça, ça peut être un peu plus stressant. Et donc, c’est à ce moment-là, à l’arrivée de ton deuxième enfant, ton deuxième congé maternité, que tu as décidé de. Te lancer à 100 % à ton compte ? Je me suis dit, je ne vais pas revenir parce que c’est le moment, c’est le signe, vas-y. À la faveur de ça, à mon retour, j’ai négocié avec mon employeur de ne pas revenir. Et en fait, souvent, ça arrange l’employeur. Moi, ce que je dis aussi aux wannabe entrepreneurs, ceux qui ont envie de se lancer en freelance ou en entrepreneur, Il faut toujours se mettre dans la peau du manager. À quel moment ça va être pratique aussi pour lui de te laisser partir ? Et clairement, pour un manager, le retour de congé mat, ce n’est pas de la tarte non plus. Donc, au final, il vaut mieux partir tant que tu n’es plus là et négocier et tout ça. Comme ça, l’entreprise, elle fait sans toi. C’est un peu la monnaie de notre pièce, entre guillemets. On se fait discriminer pour ça, mais ça peut aussi de temps en temps être un autre avantage. Donc, moi, j’en ai profité. Et du coup, c’est là que je me suis complètement lancée à mon compte 100 %. Donc, tu t’es lancée à 100 % avec deux enfants en bas âge, dont un qui était vraiment tout petit. Là, ça a été un peu chaud parce que j’ai déménagé dans une nouvelle ville. Je passais de Paris à Nantes. Je ne connaissais personne. Et mon mec, qui est salarié, avait trouvé un job, donc ça, c’était bien, mais avec des déplacements en plus, trois jours par semaine, du mardi au jeudi. Donc, les premiers mois, quand j’étais en congé mat, étaient un peu compliqués où je me disais, bon, ça va, je suis encore payée, tout ça, je n’ai pas à m’inquiéter financièrement. Mais par contre, voilà, j’ai dû m’occuper d’enfants de 2 et 0 ans pendant trois jours toutes seules, toutes les semaines. J’en ai un petit peu galéré, mais après, ça m’a aidée, on va voir par la suite, en fait, aussi pouvoir mieux trouver mon équilibre de maman parce que je trouve que dans ce côté difficile de s’occuper d’eux à temps plein pendant trois jours, il y avait aussi la contrepartie sympa qui est que de temps en temps, moi aussi, je peux partir les laisser sans avoir l’impression d’être une mauvaise maman et faire mes trucs aussi à 100%, y compris professionnellement. Donc moi, j’aime bien un peu ce partage des tâches, certes un peu trash, des fois un peu franc, mais qui au moins, des fois aussi, me laisse la disponibilité d’esprit de pouvoir ne pas penser trop à eux un jour ou deux ou trois si je pars en déplacement pour me consacrer 100% à ma nouvelle entreprise, ce qui est quand même un truc qui prend beaucoup de charge mentale. Donc tu as fait de ton envie d’être solopreneur le cœur de ton business. En gros, pour te donner une idée, je bossais deux jours par semaine max en mission payante pour des clients et le reste, je le consacrais au board. Donc, pendant un an et demi, deux ans, c’est un peu vivoté. Après, ça s’est amélioré et là, maintenant, ça va devenir mon business principal. Donc, tu vois, c’est un temps long aussi et c’est en ça que je dis qu’il ne faut pas faire que du pécunier pour gagner sa vie. Il faut aussi avoir un peu une vision un peu plus long terme pour être sûr qu’à long terme, tu développes un business qui te plaise. Est-ce que toi tu as réfléchi dès le début à ton organisation, comment conjuguer ton rôle de maman, ta vie professionnelle et comment équilibrer tes différentes activités pour qu’elles soient rentables ? Est-ce que tu as beaucoup réfléchi à ça ? Alors moi, ça, c’est vraiment les trucs qui me passionnent le plus dans ce nouveau mode d’entrepreneuriat, parce qu’il y a plein d’inconvénients à être solo, mais il y a aussi plein d’avantages. Et donc, déjà, il faut comprendre que dans ma vie d’avant, j’étais manager, je passais 99% de mon temps à manager des gens, donc c’était super, mais c’est du temps pas forcément créatif, c’est beaucoup de temps support, c’est beaucoup de réunions, c’est beaucoup de déplacements et tout. Donc, Quand tu es solo, tu n’as plus d’aide, donc tu ne peux plus déléguer tout ça. Mais par contre, tu gagnes beaucoup de temps sur ça. Tu n’as plus de, entre guillemets, ces interactions obligées, les entretiens annuels, les machins. Je ne sais plus ce que j’ai envie de faire de ma vie. Tu vois, toutes ces conversations que tu peux avoir. Donc voilà, les gens qui disent ouais, on ne peut pas entreprendre en solo, il faut avoir un associé, il faut avoir une équipe. Attention, moi je remets ça un peu en cause avec mon modèle solo preneur. Oui, tu fais moins de choses tout seul qu’avec une équipe, mais aussi tu as moins de temps à passer à t’occuper de ton équipe parce que s’occuper d’une équipe, ça prend énormément de temps du recrutement jusqu’à la motivation au quotidien. Donc ça, c’est ma première épiphanie. Je me suis dit, vas-y, tout le monde me dit que je ne peux pas entreprendre en solo, mais moi, je sens quand même qu’il y a un potentiel, je l’attente. Et après, je pense qu’il faut effectivement bien s’organiser pour ne pas péter un câble entre ces différentes casquettes. Et ça, j’avais lu un truc intéressant. justement en parlant de casquette, qu’il faut vraiment savoir endosser, mettre la casquette du jour. Par exemple, si tu dis aujourd’hui je vais faire de la prospection, tu mets ta casquette de directrice commerciale et tu la gardes pendant deux heures ou trois heures jusqu’à ce que tu aies fini ton truc. Parce que si tu switches de casquette, tu fais un coup un mail, un coup je réponds à un invité de podcast, cinq minutes après tu vas sur Instagram pour faire ta story, tu mélanges, tu brouilles toutes tes casquettes et c’est comme ça que tu finis en burnout. Donc voilà, moi j’allais dire j’ai des blocs de temps bloqués tous les matins et puis je mets des projets dans ces blocs de temps et c’est comme ça que j’avance sur un peu mes différents projets. Et donc pour finir, Il n’y avait pas trop de théorie là-dessus, mais quand j’ai travaillé en solo, j’ai remarqué qu’il y avait des certains types d’activités qui se ressemblaient. Et c’est là que m’est venue mon idée des quatre piliers du solopreneur. Et donc, en gros, je me suis rendu compte qu’il y avait un pilier expertise où je vendais mon temps, j’avais des missions clients, tout ça. Un autre pilier plutôt média, le board, les réseaux sociaux, les newsletters, publier des podcasts, créer du contenu qui est quand même important aujourd’hui pour se faire connaître. Un troisième pilier qui est plutôt les process, le long terme, comment je fais pour créer des produits dérivés de tout ça, donc c’est un peu la productivisation. Et le dernier pilier qui est pour moi fondamental, justement encore plus quand tu es seule, c’est la communauté, c’est-à-dire les gens autour de moi. qui c’est qui m’aide, qui c’est qui me donne des conseils, sur qui je peux m’appuyer pour soit quand ça ne va pas, soit me donner des tips. Et donc voilà, je fais aussi attention à avoir un quotidien équilibré entre les quatre parce que si j’ai des semaines où je ne fais que bosser pour facturer, mais zéro truc créatif, je suis malheureuse. Si j’avance à fond, hyper efficace, mais que je ne vois personne, je suis malheureuse. Donc voilà, j’essaye de faire un peu un petit équilibre entre tout ça. Et par rapport à ta vie personnelle, comment tu t’es organisée ? Est-ce que tes enfants ont toujours été gardés ou est-ce que toi tu t’es organisée pour combiner parfois dans certaines journées ta vie professionnelle et le temps passé. Avec tes enfants ? Alors moi, je respecte énormément les mamans qui font ça. Moi, je m’en sens vraiment pas du tout capable. Mes enfants sont gardés de façon classique, genre de 9h à 17h30, 18h. Tu vois, donc j’ai une assistante maternelle et puis j’ai l’école plus la garderie. Et en fait, je le vis très bien. Après, je veux dire, après, chacun fait ce qu’il veut, mais même le mercredi, ils sont gardés chez l’assistante maternelle. De temps en temps, je prends du temps pour eux quand j’ai envie, tu vois. Je ne sais pas, un mercredi pour les emmener faire quelque chose, mais Moi, le côté mélanger le travail et les enfants, ça ne marche pas. C’est-à-dire que si je suis avec eux et que j’ai des trucs à faire, ça me frustre. Ça va m’empêcher de faire mes trucs, notamment créatifs. Quand tu as une idée, un truc que tu as envie de développer, Et le côté entrepreneur, c’est vraiment ton truc, t’as vraiment un besoin impérieux de le développer. C’est pas, tu te dis pas, je pourrais faire ça le trimestre d’après. Parce que ça se trouve, le momentum sera passé, le marché sera passé, donc c’est un peu compliqué ça. À l’inverse, je trouve qu’il m’équilibre beaucoup parce que si j’avais été entrepreneur à l’époque sans enfants, je pense que je passerais ma vie à bosser. Et là du coup, j’ai deux tunnels le matin et le soir. de 7h à 9h30 pour les emmener, les préparer, tout ça. Et le soir, donc de 17h30 à 21h pour les soins du soir et tout. Et du coup, c’est du temps sans écran, c’est du temps où je ne bosse pas, c’est du temps de coupure. Et je crois que ça me fait du bien. Et au final, j’ai des petites journées parce que je fais 9h30 midi, ensuite le sport le midi où je vais déjeuner avec des gens. Et ensuite, 14h, 17h30. Donc, quand tu vois le truc comme ça, tu te dis, c’est un emploi du temps de fonctionnaire en gros. Mais moi, ça me suffit parce que c’est tellement intense, par contre, dans ces périodes que voilà, ça m’équilibre d’avoir les enfants pour pas trop déborder. Et après, juste un dernier point quand même, c’est que je me suis rendu compte qu’en solo preneur, tu t’imagines beaucoup que tu vas faire la semaine de quatre jours ou de trois jours et que tu vas prendre du temps pour tes enfants. Et en fait, moi, c’est pas trop mon délire. ce que je préfère, c’est travailler un peu tous les jours. Par contre, avoir aussi un peu de loisir tous les jours. Donc, typiquement, toutes ces charges mentales que je faisais avant sur le temps des enfants, comme aller faire les courses, faire à bouffer, trucs, ça, je peux le faire dans ma journée de freelance. Je peux aller faire les courses à 11h du mat si je veux, je peux aller au sport le midi. Et du coup, le soir et le week-end, quand je suis avec eux, je suis beaucoup plus dispo intellectuellement et je ne me dis pas « mince, il faut que j’aille au sport, mince, je suis une mauvaise maman », tout ça. Par contre, l’inconvénient, c’est que le week-end aussi, j’ai un peu envie de travailler. De temps en temps, pendant la sieste des enfants, j’écris une petite newsletter, je note quelques idées dans un cahier. Et même un peu en vacances, j’aime bien avoir peut-être une heure de boulot tous les jours pour garder un petit peu le côté boulot. Donc finalement, même en tant qu’indépendante, tu as reproduit un rythme de travail proche de celui que tu avais quand tu étais salariée. C’est ça. Après, on lutte toujours quand on est parent avec son rythme naturel, sa vie d’avant et tout. Moi, je suis méga du soir aussi. Donc ça, ça a été mon horreur avec les enfants qui sont plutôt quand même du matin. Et donc moi, j’étais capable de travailler jusqu’à 3 heures du mat’ la nuit. Donc j’ai réussi à me calmer quand même pour pas trop dépasser minuit, une heure, mais quand même ça m’arrive encore de temps en temps, quand je suis à fond dans des pics d’activité, une fois qu’ils sont couchés, ça m’est arrivé hier par exemple, tu vois, vers 21h, 22h, après une petite pause tranquille, hop, je me remets à travailler, surtout sur des choses créatives, de création, et là, ouais, là je peux me coucher assez tard. Et voilà, pareil, avec mon partenaire, on se compérence. Lui, il est plus du matin, moi plus du soir, donc ça aide. Voilà, donc je dirais ça, c’est un peu l’écueil où il faut que je fasse attention pour pas non plus être crevée tous les matins quand je dois les emmener à l’école parce que je me suis couchée à deux heures du mat pour bosser. Donc je m’autorise quelques petites incartades nocturnes. Et est-ce que le fait d’être seule. Dans ton business, ça rime avec solitude ? Mais ça, c’est trop marrant. J’ai découvert que c’est l’inverse pour moi. Déjà, quand t’es manager, t’es très seul parce que ton équipe, c’est pas tes copains. Même si moi, je les adorais, tu peux pas tout mélanger. Donc, tu vas pas non plus leur dire si t’as des états d’âme trop intenses. Il y a quand même des barrières qui font aussi que les managers, en fait, sont vraiment entre le marteau et l’enclume et qu’il faut comprendre ça. Et moi, depuis que j’ai plus de collègues subis, entre guillemets, j’ai des collègues choisis. Donc, en fait, quand je rencontre des gens avec qui ça fit, on s’entend super bien. Maintenant, c’est l’inverse. C’est pas genre je travaille sur des trucs et je rencontre des gens avec qui je m’entends bien. C’est je rencontre des gens avec qui je m’entends bien. Et je me dis, bah tiens, on va faire un truc ensemble. Donc, un truc ensemble, c’est quoi ? Créer une offre, enregistrer un podcast. J’ai rencontré une fille, une copine solopreneur à Nantes, qui fait du surf aussi comme moi. On a organisé un séjour de surf pour solopreneur et on est parti comme ça trois jours avec… se faire une petite retraite, taf, wax, relax. Ça, c’est vraiment exactement l’illustration de je rencontre quelqu’un avec qui ça fit et on se crée une occasion de travailler ensemble. Et voilà. Et tu vois, moi, j’étais un peu peut-être pas sauvage, mais quand je retournais au boulot, j’étais assez boulot et je n’avais pas envie de me coltiner, les discussions sans fin, la machine à café, des trucs comme ça. Donc au final, ma vie de maintenant me plaît bien parce qu’on se crée des occasions, on se dit tiens, on va déjeuner en ville ou on se prend un café virtuel entre solopreneurs. Et comme les autres solos, ils ont besoin de contact et tout, ils sont très ouverts. Donc, c’est un univers, au contraire, où il y a beaucoup d’entraide. Et moi, j’apprécie ce nouvel univers. C’est peut-être ça que j’ai envie de dire aussi, c’est être entrepreneur ou solopreneur, peu importe. Tu peux choisir un truc que tu as envie de faire et un univers dans lequel tu as envie de composer. Et est-ce que tu t’es sentie soutenue. Dans ce virage professionnel ? Pour en parler pendant des heures, je pense que tu adresses aussi ces sujets de patriarcat, des normes de la société, tout ça qu’on subit quand même de plein fouet quand on est une femme et en plus quand on est maman. Moi, il faut savoir déjà qu’une partie du regard des autres, je l’avais fait voler en éclats, alors que je suis très sensible, j’étais très bonne élève et tout, avec mon divorce. Donc ça, déjà, ça a fait péter plein de trucs, y compris vis-à-vis de mes parents et tout. Et au final, maintenant, j’ai l’impression que je peux faire un peu ce que je veux et que bon, c’est bon, c’est un truc de plus. Donc là, mes parents, ils en sont au stade de « j’ai pas très bien compris ce que tu fais dans la vie, mais bon, ça a l’air de marcher pour toi, donc ça va, c’est OK ». Donc, tu vois, ils ont fait le deuil de la carrière idéale, tout ça, donc ça, c’est plus un sujet. Après, le sujet, c’était presque avec mon compagnon. C’est le revers de la médaille. Déjà, quand tu es un peu une working girl avec un gros salaire et tout ça, forcément, si c’est toi qui te mets à ton compte, il y a plus de risques que quand, en fait, tu es maman au foyer, tu n’as pas de rémunération. Donc, au final, tu ne peux pas prendre de risques au foyer. Donc ça, moi, j’ai trouvé ça un peu difficile qu’un choix personnel soit débattu, comme si c’était un peu un choix de couple, alors que j’ai envie de dire, en fait, je fais ce que je veux de ma carrière. Si j’ai envie de risquer mon salaire, je risque mon salaire. Mais tu vois, il y a un peu ce petit côté où, en gros, tu subis la peur de l’autre qui projette sur toi ses propres peurs, alors que moi, je n’avais pas du tout peur. Et j’ai beau montrer par A plus B qu’en fait, la cote par dans le compte commun ne va pas diminuer et que je suis capable de le virer. J’ai bien vu que lui, il était un peu plus dubitatif. Et il l’est encore un peu. Et après, le deuxième truc, je trouve, que j’ai dû combattre, c’est quand tu sors du salariat classique, c’est difficile de faire comprendre ton nouveau mode de vie. Parce que, par exemple, je lui dis, ben ouais, tu me critiques parce que le samedi, je prends deux heures pour monter un podcast. Mais quand je vais faire les courses à 10 heures du mat au supermarché, t’es bien content. Quand je suis là pour récupérer les colis, que je peux faire des trucs infâmes, administratifs, trop chiants, le mardi à 15h, ou emmener la gosse chez l’Oftalmo au seul rendez-vous que tu as trouvé, c’est quand même cool. Je crois qu’il faut vraiment être ferme là-dessus s’il y a des freelance, des indépendants qui nous écoutent. Moi, au début, je faisais tout, quoi. J’étendais les machines, je faisais toutes les petites corvées. Et donc, j’avais vraiment le sentiment d’avoir la double peine. Maintenant, du coup, je suis strict dans ma journée. Je fais de temps en temps, je rends des services, mais j’essaye non plus de ne pas trop en faire. Ce n’est pas parce que je travaille à la maison que je me coltine toutes les tâches ménagères. Donc toi, tu as réussi à bien t’organiser pour être claire et focus sur. Le temps que tu consacres à ton business ? Il faut aussi faire comprendre, toujours pareil, c’est presque la scission, c’est pas par an, c’est salariés, entrepreneurs. Le rythme est un peu différent par moment. La tension aussi n’est pas tout à fait la même. Parfois, on a plus de liberté, mais souvent, on a aussi plus d’intensité. Voilà, il faut dialoguer et c’est aussi pour ça que moi je pars de temps en temps parce que je t’ai parlé de taf wax relax mais ça peut être d’autres choses parce que je trouve que des fois j’ai besoin de 2-3 jours comme ça, vraiment concentré pour ne pas me déconcentrer, pour ne pas me justifier parce que je n’ai pas assez d’énergie à passer dans la justification, il faut juste que j’avance et que je fasse mon truc. Et donc, en ça, le fait de faire du surf et d’essayer de temps en temps d’aller sur des spots de surf, prendre des cours de surf et tout, j’ai remarqué que ça m’a aidée parce que ça m’a aménagé un petit espace rien qu’à moi pour faire mon sport. Et du coup, dans ces moments-là, j’ai remarqué que je travaille bien parce que je suis toute seule, personne pour m’embêter. Et donc, j’avance aussi sur mon business. Ça a l’air d’être un truc de loisir, mais au final, ça coïncide bien avec des moments de concentration professionnelle. Et est-ce que tu dirais que ton changement professionnel, il a eu un impact. Sur ton organisation familiale ? Attends, laisse-moi réfléchir à comment c’était avant. Pas tant que ça quand même, parce que finalement, dans ma vie d’avant, je m’étais bien organisée aussi quand même. J’ai quand même plus de latitude, plus de liberté. Mais comme j’ai des enfants, je ne suis pas non plus complètement wild, comme tu disais, je fais des horaires classiques de boulot, alors que peut-être sans enfants j’aurais pu travailler la nuit, dormir le jour, me décaler complètement. Par contre, ça m’a aidé aussi quand tu es freelance, notamment comme tu vends ton temps. Il y a un peu cette logique de, OK, bon, je veux bien rendre service, je veux bien garder les enfants, mais si à chaque fois qu’ils sont malades, c’est moi qui m’en occupe. Non seulement tu as ce côté un peu inéquité dans le partage des tâches, mais tu vas avoir en plus la double peine financière. C’est-à-dire que si tu factures à 800 euros par jour, c’est 800 euros qui s’envolent à chaque fois que tu gardes tes enfants. C’est un peu pernicieux, évidemment, qu’on garde l’enfant d’abord et qu’on s’en fout de l’argent. Mais quand même, à terme, il faut aussi se méfier. Et je pense qu’il faut, voilà, avoir conscience que la plupart des indépendants ne gagnent pas non plus hyper bien leur vie par rapport à des salariés. Donc, il ne faut pas non plus se faire complètement bouffer sur ça. Et je pense qu’il faut être un peu ferme pour pas que ça soit toujours, qu’on soit toujours la dernière roue du carrosse et que ça pénalise aussi notre business. Oui, parce que pendant ce temps-là, ton partenaire qui, lui, ne prend pas son jour en forme malade, qui est quand même régulièrement rémunéré dans les entreprises, n’est pas pénalisé sur sa carrière et continue à progresser. Et ouais, et en termes de revenus, c’est important. Et après, un autre truc bien quand même, je trouve, dans l’entreprenariat, c’est que ça peut aussi, tu vois, tu peux t’en servir aussi pour… Il y a des avantages aussi pour même financer tout ça. Donc, par exemple, moi, je suis en SASU, tu as des chèques emploi, services à domicile pour pouvoir… Je crois que c’est 2000 et quelques euros par an pour pouvoir déléguer des choses, avoir de la garde d’enfants et tout. Donc ça, je les utilise aussi. Mais ça vient d’où encore ça ? Ça vient de mon chiffre d’affaires. Donc pareil, je ne vais pas dire, je ne vais pas envoyer l’addition à mon mec. Après, s’il écoute ce podcast, il va me dire, elle abuse. Mais quand même, l’autre fois, je me faisais un peu critiquer en mode, oui, toi, avec ton truc de freelance, l’air de dire, ça ne va pas marcher trop ton truc. Enfin, si, mais il y a un peu d’insécurité. Et je lui dis, écoute, mon truc de freelance, ça permet quand même qu’on paye la femme de ménage, qu’on paye ci, qu’on paye ça, qu’on paye ça, qu’on fasse ci. Donc, tu vois, je me fais un peu une petite liste dans ma tête en me disant, voilà, certes, il y a plus de précarité, mais il y a aussi des avantages. Donc, voilà, il ne faut pas se laisser non plus faire et il faut toujours un peu veiller au grain pour que soit le temps, soit l’argent qu’on apporte soit quand même valorisé dans le couple et dans le couple de parents. Et est-ce qu’aujourd’hui, ta situation professionnelle, elle te convient ? Et surtout, est-ce qu’elle est conforme à ce que tu projetais et à ce. Dont tu avais envie ? Oui, oui, oui. Dans le sens où je ne me sens pas, tu vois, je ne me dis pas à cause de mes enfants, je n’arrive pas à faire mes trucs professionnels. Au contraire, ça me plaît. Et après, oui, oui, je me sens libre aussi professionnellement. J’ai vraiment une vie qui me plaît bien. Et même si elle a un peu plus d’incertitude, même beaucoup plus d’incertitude qu’avant, elle m’épanouit beaucoup. Et puis après, tu vois, j’ai des petits exemples rigolos de ma nouvelle vie, ce que ça a impacté. Je fais des podcasts, par exemple. C’est un truc que j’ai complètement appris à faire. Je ne savais pas faire et c’est un truc que j’adore faire parce que c’est créatif, c’est sympa. Et c’était ma motivation première. Eh bien, pour l’anniversaire de ma mère l’année dernière, j’avais fait un podcast avec les enfants, tu vois. Je les avais enregistrés, j’avais enregistré des bribes et tout. Et comme maintenant, je sais monter des podcasts, bon bah pareil, un jour, j’ai pris une journée sur mon temps et j’ai fait ça. Et ouais, c’était des petits trucs qui traversent un peu ma vie pro et ma vie perso, qui sont quand même aujourd’hui beaucoup plus mélangés qu’avant, mais je trouve pour le meilleur en tout cas. En tout cas, moi, ça me convient bien d’avoir ces deux vies un peu plus mélangées. Est-ce que la dimension financière de ton activité, c’est quelque chose qui est centrale ? Pour moi, c’est central pour les femmes, mais après là, c’est mon côté plus féministe qui parle, c’est-à-dire qu’il y a tellement d’études qui prouvent qu’on s’appauvrit dans le couple ou alors on s’appauvrit dans l’entreprenariat, que je pense qu’il faut en faire un axe de vigilance permanent. Deuxième problème, devenir freelance quand tu es déjà senior dans ta carrière, souvent c’est un appauvrissement. Il faut en parler, tu vois, les gens qui deviennent coach ou qui deviennent machin, mais en fait, tu gagnes moins d’argent que quand tu es salarié. Si tu gagnes 100 ou 150 000 euros par an, ça veut dire qu’il faut que tu gagnes 200 ou 300 000 euros par an de chiffre d’affaires en solo, ce qui est énorme. Enfin, tu vois, c’est quand même beaucoup. Donc, oui, c’est une lutte pour arriver à être plus rentable. Et du coup, moi, c’est ça aussi qui a dicté mes procédés. J’ai essayé toujours d’améliorer mes process pour être plus rentable, tout en gardant un quotidien épanouissant, si tu veux. Mais oui, c’est une de mes motivations. Et ce n’est pas que financier, c’est plutôt d’un point de vue, voilà, avoir sa juste place à la table des négociations, pouvoir dire aussi qu’on peut faire les deux, c’est-à-dire, certes, être plus libre, certes, faire un truc épanouissant, mais quand même bien gagner sa vie. Parce que les chiffres aussi sur les micro-entreprises sont un peu terrifiants. Je crois que le dernier chiffre que j’ai lu, c’est que seul un micro-entrepreneur sur dix gagne plus de 1500 euros par mois. Voilà, moi je pense qu’il faut en parler parce que c’est cool de dire on entreprend, on est plus libre, je m’occupe de mes enfants, mais si c’est pour derrière gagner 1500 euros par mois et encore dans 9 cas sur 10 gagner moins que ça, moi je trouve que c’est un signal d’alarme quand même. Je pense qu’on peut, on doit se mettre en mode d’essayer de combiner les deux. Donc cette question de la rentabilité, du fait de gagner sa vie, pour toi, ça a été vraiment un enjeu important. Dès le lancement de ton activité. Oui, c’est sûr. Et puis après, c’est ça aussi, entreprendre avec des enfants, c’est un peu différent parce que tu as des obligations de toute façon incompréhensibles de charges. Donc je trouve que ça, c’est motivant aussi. Il y en a qui vont dire que c’est pressurisant, mais moi, je dis que c’est motivant parce que si tu as 3000 balles de charge par mois à sortir déjà, Du coup, tu fais tes calculs, hop, ça va vite. Du coup, tu es obligé d’avoir un business tout de suite plus ambitieux. Et c’est ce que je vois aussi quand j’interviens dans des incubateurs pour former ou coacher des entrepreneurs, notamment qui montrent leurs startups. toujours pour lutter contre ces biais de genre, bah oui, être plus ambitieux, faire un business plan un peu plus gros, oser aller sur des secteurs d’activité qui ne sont pas ceux du mompreneur. Moi, j’ai horreur de ce mot. Vraiment, ça me sort par les yeux. Parce qu’on est une mompreneur, on doit être dans le care, on doit être dans la beauté, on doit créer une marque à impact. Bah non, pas du tout. On peut faire de la deep tech. Moi, ça m’énerve aussi d’être assignée à une place. Et du coup, ce que j’apprécie aussi dans mon dans mon modèle, c’est que je me suis dit, j’ai une pression financière, je dois dépasser tel chiffre d’affaires, qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour y arriver ? Et du coup, je pense que ça m’a aidé à sortir des carcans un peu d’assignation à certaines places. Et j’en suis contente et c’est aussi pour ça que j’ai envie de transmettre ça dans mon podcast et de dire que si on a envie, en tout cas, ce n’est pas du tout une obligation, on peut chercher la rentabilité. Et enfin, pour les parents, ce qui est bien aussi, c’est que quand on cherche à être plus rentable, après, on peut décider de moins travailler en gagnant toutefois quand même de l’argent confortable. Et du coup, on gagne du temps de vie et du temps de vie qu’on peut, si on a envie, consacrer à ses proches. Et ça, je pense que ce sera mon deuxième objectif. Tu vois, après avoir scalé une partie de mon chiffre d’affaires, sécurisé tout ça, ce sera travailler moins, peut-être travailler trois jours par semaine, quatre jours par semaine. Et est-ce que tu envisages un jour. De redevenir salariée ? Alors moi, j’avais une très bonne vie de salariée. Je ne fais pas du tout partie des gens qui sont partis par revanche, donc j’ai peut-être eu de la chance d’avoir eu des top managers et tout ça. Ce que j’envisagerais pour l’avenir, ce serait même une combinatoire. Revenir 100% salariée, non. parce que du coup, j’ai trop de projets à côté que j’ai envie de porter et je n’arrêterai jamais mon podcast, par exemple, tu vois. Mais par contre, moi, je crois beaucoup au polytravail et je crois que par rapport à ce qu’on disait sur l’envie des gens d’avoir plus de temps, mais aussi le problème de ne pas être trop précaire quand on entreprend, eh bien, faire du polytravail, avoir par exemple un job de CDI trois ou quatre jours par semaine, puis un jour par semaine pour ses enfants et un jour par semaine pour un side, comme par exemple faire du freelance ou je ne sais pas, ce que vous avez envie de faire, ou passer du temps dans une association, parce que les gens ont envie de faire des projets à impact. Ça pourrait être une bonne combinatoire, donc moi je milite à fond là-dessus. pour décontracter les employeurs et leur dire qu’en fait, demain, le freelance tsunami, il est déjà là, les gens veulent être plus indépendants et tout ça. Donc, il faut vivre avec et du coup, laisser un peu les salariés aussi faire un peu leur vie à côté pour pouvoir les garder et les garder motivés. Et du coup, il n’y a pas toute la charge qui repose sur l’employeur d’occupe-toi de moi, forme-moi, motive-moi. J’attends tout de toi. Et je trouve que ça serait une relation peut-être de travail plus équilibrée. Pour l’avenir, je me verrais bien faire ça, moi. Et sur le plan plus personnel, tu envisages comment l’avenir ? Et est-ce que tu te poses des questions de l’évolution de ta famille, d’avoir. D’Autres enfants par rapport à ton activité ? Moi, l’activité n’a pas trop d’impact. J’avais une amie qui m’avait dit à l’époque, elle avait raison, tes projets de start-up, tes projets de carrière, tes machins, tu peux tout mener de front. Tu n’es pas obligé de conditionner ton projet professionnel à l’idée d’avoir un enfant. Elle me dit, fais les choses en même temps, tu verras bien ce qui arrivera. C’est arrivé quand on a voulu. Donc ça, c’est une chance aussi, tu vois, par rapport à d’autres gens qui vont avoir du mal à avoir des enfants et tout. Donc ça, c’est cool. Donc pour moi, je mène les deux en parallèle, mais il n’y a pas non plus trop de… Ce n’est pas parce que j’ai trop de boulot que je vais faire moins d’enfants ou inversement. Par contre, deux, moi, je trouve ça bien pour moi. Tu vois, moi, j’ai eu mes enfants un peu sur le tard. Ça me va, quoi. Je suis bien comme ça dans mon équilibre. Voilà, donc là, je pense qu’on va rester comme ça pour le moment. Je te propose de passer à la question de conclusion dans ce podcast. Quel est le conseil ou les mots que tu aurais aimé entendre au début. De ta carrière ? En fait, les gens, ils te donnent des conseils par rapport à leur prisme. Moi, j’ai écouté ça comme conseil d’évangile, mes managers et tout. J’écoutais tout ce qu’ils me disaient pour être, pour progresser et tout. Mais je pense qu’ils parlaient plus d’eux que de moi, finalement. Donc, ce que j’ai envie de dire, c’est peut-être, oui, écouter les conseils, c’est cool. Nous, on est podcasteuses, donc on écoute tes conseils toute la journée. On adore ça, mais prenez-les avec des pincettes aussi, parce que les gens parlent. D’Eux et ils ne parlent pas de vous. Donc, s’ils projettent des peurs sur vous, vous n’êtes pas responsable. Et donc, moi, par exemple, dans ma carrière, on m’avait dit, il faut qu’à un moment, tu te spécialises. Genre, tu deviennes soit DRH, soit… Tu vois, une fonction classique de l’entreprise. Et je ne me suis jamais trop sentie à l’aise avec ça. Et au final, aujourd’hui, j’ai une vie qui est faite de plusieurs projets, de plusieurs entreprises dans mon solo business. Et ça va, ça se passe bien. Je ne suis pas devenue DRH, mais pour autant, j’ai trouvé mon équilibre. Faites ce que vous avez envie, suivez un peu votre intuition aussi, en parallèle des bons conseils de carrière qu’on vous donne. Merci à Flavie d’avoir partagé son expérience et son parcours de Maman Boss. Que vous ayez déjà franchi le pas ou que l’idée soit encore en train de germer, je vous indique dans les notes de l’épisode et sur le blog mamanboss.fr toutes les infos pour retrouver Flavie et ses précieux conseils sur le solo proneria. Si vous avez aimé son témoignage, passez faire un coucou à Flavie sur ses réseaux sociaux, je suis sûre qu’elle appréciera. Vous pouvez aussi partager l’épisode à toutes les Maman Boss de votre entourage, pro ou perso, toutes celles qui se questionnent sur leur mode de travail. Et je sais que nous sommes nombreuses. Je vous dis à très vite pour un nouvel épisode et d’ici là, Maman Boss !

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