Travailler en mode hybride entre salariat et entrepreneuriat

INTRODUCTION – (MARIE)

Bienvenue sur Maman Bosse, le podcast qui questionne les trajectoires professionnelles des mères. Je m’appelle Marie et j’ai créé cet espace de parole pour montrer la réalité de nos parcours et permettre à chacune de trouver sa façon de conjuguer travail et maternité. 

Avant de laisser la place au témoignage de Marie, mon invitée du jour, je prends quelques minutes pour vous demander de parler de Maman Bosse autour de vous. C’est un moyen simple mais hyper efficace pour soutenir le podcast. Je suis sûre que vous croisez chaque jour plein d’autres Mamans Bosse, et il suffit simplement que vous en parliez à 1 ou 2 d’entre elles pour me soutenir, que ce soit à la pause déj’ avec des collègues ou lors d’un coup de fil à une copine. Je suis certaine que vous allez trouver une occasion, alors je compte sur vous pour en parler et je vous dis merci par avance. 

Aujourd’hui, vous allez faire la rencontre de Marie dont la carrière dans le marketing s’est interrompue assez brutalement suite à un licenciement abusif, e0t alors qu’elle était déjà maman de 2 petites filles. Elle a fait de cette période de pause professionnelle un temps de réflexion personnelle importante : réfléchir à ses aspirations pour la suite de sa carrière, mais aussi faire vivre son blog Picou Bulle et lancer une micro-entreprise autour de ses activités créatives de broderie et d’aquarelle. C’est ainsi qu’elle a réussi, après sa 3ème maternité, à créer les conditions sur mesure de son équilibre, en conciliant “travail salarié” et “activité entrepreneuriale”. 

Je vous laisse découvrir le parcours de Marie. 

 

Bonjour, bienvenue à mon micro, bienvenue chez Maman Bosse ! Est-ce que, pour commencer, tu peux te présenter : nous dire de qui tu es la maman et dans quoi tu bosses ? 

 

(MARIE – invitée)

Bonjour, ben écoute déjà : je suis honorée de faire partie de la Communauté Maman Bosse. Je m’appelle Marie, j’ai 41 ans et je suis la maman de 3 petites filles qui ont bientôt 10 ans, 7 ans et un peu plus de 2 ans et je travaille en tant qu’assistante administrative. 

 

(MARIE)

Je te propose qu’on revienne quelques années en arrière au tout début de ta carrière : toi, ça s’est passé comment tes débuts professionnels ? Quels étaient ton premier métier, tes premières expériences ? 

 

(MARIE – invitée)

Alors bah j’ai commencé ma carrière professionnelle dans un tout autre milieu : j’ai fait des études en communication qui m’ont amenée à la suite de mes études, à faire un stage à Lyon où je suis restée et j’ai commencé en fait par le biais des opportunités professionnelles à travailler non pas dans la communication mais dans un domaine qui est un peu… assez proche, qui est le marketing. J’ai eu l’opportunité de travailler dans une société d’études de marché et finalement, c’est le parcours que j’ai suivi pour le reste de ma carrière jusqu’à présent. J’ai commencé par un poste en marketing et puis je suis restée… je suis restée à peu près 10 ans dans ce domaine-là, des études de marché, où j’ai occupé plusieurs postes au cours de ma carrière. 

 

(MARIE)

Et alors ? Par rapport à la maternité, quand est-ce que ta 1ère fille est arrivée dans ce parcours ? 

 

(MARIE – invitée)

Alors ma 1ère fille, elle est arrivée assez vite dans mon parcours professionnel puisque j’ai rencontré mon mari, voilà, on s’est mariés il y a… il y a environ 10 ans, et la petite est arrivée un an après qu’on soit mariés. Au début de ma carrière professionnelle, c’est-à-dire que ça faisait quelques… quelques années que je travaillais. Une suite logique à ma vie personnelle qui allait s’insérer sans problème dans ma vie professionnelle. 

 

(MARIE)

Et donc ce départ et ce retour de congé maternité, l’arrivée de ce 1er enfant, pour toi, ça a pas été un événement particulier dans ta carrière ? 

 

(MARIE – invitée) 

Pas du tout ! C’est-à-dire qu’en fait, j’étais prête à avoir un enfant. C’était… c’était une volonté de notre part. Voilà, j’ai… j’ai pas eu de soucis particulier à indiquer à mon employeur que j’attendais un enfant, ça a été tout à fait bien suivi. Ça ne m’a posé aucun problème à ce niveau-là. Et puis ben voilà, la suite s’est déroulée naturellement. 

 

(MARIE)

Donc tu es revenue de congé maternité, tu as repris ton poste, c’est ça ? À quel moment est arrivée l’envie de faire un 2ème enfant ? Est-ce que c’était quelque chose que tu avais déjà en tête ou pas ? Est-ce que tu te posais la question de la coexistence d’un 2ème enfant et de ton métier ? 

 

(MARIE – invitée)

Oui, c’est arrivé assez naturellement comme… comme je le disais, en fait, ma 1ère fille est arrivée vraiment dans la sérénité, ça s’est très bien passé. C’était une petite fille très facile à vivre. J’ai pris un tout petit congé parental suite à sa naissance, qui m’a portée environ un mois et demi après le congé maternité. Et puis, lorsque je suis revenue, j’ai retrouvé mon poste tel qu’il était, sans aucun souci, pendant un certain temps. 

Et puis… et puis il y a un moment où j’ai eu un petit… un petit refroidissement au niveau de ma carrière puisque j’ai commencé à avoir des mauvais retours de mon entreprise qui en fait a suggéré un licenciement. Plus exactement – alors c’était une société anglophone, donc il y a eu un petit malentendu au niveau de toutes les négociations qui ont eu lieu à ce moment-là – c’est-à-dire que moi, j’avais l’impression qu’on voulait me licencier ; mais la société en fait cherchait plutôt à faire une rupture conventionnelle ; ce que moi je voulais pas parce que j’étais bien en poste. J’avais pas demandé cette situation-là, qui venait un petit peu de façon surprenante, enfin c’était une surprise. 

Je me suis retrouvée dans cette situation, à me sentir licenciée par mon entreprise, donc forcément, avec toute la défiance qui va avec, le… la remise en cause professionnelle. C’était pas un licenciement que je souhaitais donc en fait je me suis, entre guillemets, un peu “battue” : soit pour pouvoir garder mon poste, soit pour obtenir des bonnes conditions de licenciement, parce que c’était un licenciement abusif. Et du coup en fait, dans toute cette période de négociation, on s’est retrouvés un petit peu dans une impasse avec ma société. Je lui avais indiqué les conditions que je serais prête à accepter. Eux, n’étaient pas prêts pour l’instant à les accepter et ils m’ont laissée un petit peu en suspens pendant… on va dire environ 2 mois, pendant lesquels, voilà, je pensais être licenciée mais j’avais pas encore de mise en action de cette situation. Et il s’est trouvé que du coup voilà, ma petite avait déjà à peu près un peu moins de 2 ans, c’était le moment où on commençait à réfléchir avec mon mari, à avoir un 2ème enfant. Et ça a un petit peu précipité nos choix, c’est-à-dire qu’on aurait peut-être attendu un petit peu plus, et puis bah finalement je me suis dit : “Ben si mon entreprise ne veut pas de moi, que je me retrouve licenciée dans quelques semaines, est-ce que c’est pas le moment ou jamais de lancer cet enfant-là et puis de reprendre un autre travail après. Donc ben on a lancé un petit peu nos plans plus rapidement que prévu et puis finalement ça a marché assez vite. 

Et il se trouve que mon entreprise, finalement, m’a trouvé un autre poste dans le groupe, ce qui fait que je suis restée en fait concrètement en poste. J’ai juste changé de job. Ce qui a créé un certain passif parce que du coup, ma confiance envers la société était plus exactement la même, évidemment, et puis et puis voilà ce projet-là maintenant était lancé, était bien lancé, à tel point que quand j’ai intégré mon nouveau poste, et ben, j’ai dû leur dire, à un moment, “voilà, ça y est, je suis enceinte donc je vais repartir en congé maternité”. 

 

(MARIE) 

Si dans les gens qui nous écoutent y a aujourd’hui une jeune femme qui est confrontée un peu à cette situation de “flou professionnel” versus “désir d’enfant” : en termes de ressources, d’appui, de conseils, toi, qu’est-ce qui t’a peut-être manqué ou qu’est-ce qui au contraire t’a aidée que tu pourrais transmettre à d’autres ? 

 

(MARIE – Invitée) 

Moi, rien ne m’a manqué, mais ça m’a enfin un peu ouvert les yeux ; c’est-à-dire qu’à ce moment-là, encore plus que ce que j’avais déjà commencé à bâtir en fait dans ma relation avec le monde professionnel, ça m’a fait comprendre d’autant plus que, pour moi, l’essentiel c’était ma vie de famille. C’était mon équilibre personnel. Et que l’équilibre professionnel se rajoutait par-dessus, mais n’était pas, ou plus, la priorité.  

Donc si je m’étais fait licencier, au final, c’était pas grave pour moi. Bon, bien sûr, j’aurais été déçue, mais j’avais placé ma priorité personnelle autre part que dans mon milieu professionnel. Et je pense que c’est quelque chose qui de toute façon m’a beaucoup aidée à supporter cette période-là, qui était quand même assez difficile nerveusement parce que aller bosser tous les matins en pensant que bah on veut plus de nous et qu’on va se faire licencier, c’est quand même pas idéal pour être motivée. 

Et puis ensuite, ben là, la prise de poste dans l’autre poste s’est faite sans difficultés. Mais j’en ai quand même gardé une certaine méfiance vis-à-vis de mon entreprise qui était plus du tout… on n’était plus du tout dans la même approche. Et je pense que c’est ce qui au final a sauvé mon approche et ma… et ma relation avec ma vie professionnelle, de me dire que c’était pour moi que je le faisais, c’était pour m’épanouir personnellement. Evidemment, pour des aspects pratiques et financiers également. Mais en tout cas, quoi qu’il puisse m’arriver dans ma vie professionnelle, c’est pas “grave” (entre guillemets) parce que j’ai à côté un équilibre personnel qui me permettra toujours de… de me relever, ou en tout cas de me donner la force d’essayer d’aller voir autre part : si ça doit pas être là, ça sera ailleurs, quoi. 

 

(MARIE)

Et alors, après ce 2ème congé maternité, du coup la reprise tu l’as abordée comment ? Tu te voyais revenir sur ce nouveau poste dans cette même entreprise ? Ou est-ce que finalement t’as envisagé les choses différemment pour ce retour ? 

 

(MARIE – Invitée)

Alors je les ai envisagées de façon un tout petit peu différente, c’est-à-dire que : d’une, j’avais changé de poste, donc quelque part un peu inconfortable parce qu’il faut tout réapprendre, mais c’est également très motivant de recommencer sur quelque chose qu’on connaît pas ; et par contre mon approche était différente dans le sens ou d’une j’ai pris un congé parental un petit peu plus long cette fois-ci :  donc j’ai pris à peu près… on va dire à peu près 6 mois de congé parental après mon congé maternité ; et puis à mon retour au travail, là j’avais pris un temps partiel dans le cadre du congé parental, on pouvait pas me le refuser, donc du coup je travaillais plus que 4 jours par semaine et j’avais mes mercredis avec mes filles. 

Et puis… et puis au bout de quelques années au final je me suis fait licencier pour de bon cette fois-ci ; un licenciement abusif sur lequel j’ai eu gain de cause au final, mais qui m’a cette fois fait sortir du monde professionnel et de cette carrière-la que j’avais entamée et que je suivais depuis le début de ma vie professionnelle. 

 

(MARIE)

Et alors ce licenciement abusif, j’imagine que c’est quelque chose qui est pas évident à vivre ou alors peut-être que si, tu vas nous le dire : comment t’as géré cette phase-la ? 

 

(MARIE – Invitée)

Alors, c’était un mal pour un bien. Maintenant que je l’ai vécu, avec beaucoup de recul, je me dis que c’était, quelque part… Je dirais pas la meilleure chose qui m’est arrivée – faut pas exagérer – mais c’était une bonne chose. C’est-à-dire que ça faisait déjà quand même un certain nombre d’années que j’étais dans cette entreprise, que je m’y épanouissais bien en termes professionnels ; mais j’étais dans une sorte de… on va dire de confort. Je pense que de moi-même je serais pas… j’aurais pas pris la liberté de mettre un pas de côté et de me dire “Ben je vais peut-être remettre tout ça en cause, pour voir ailleurs ce qui peut m’attendre”. Et puis ben finalement le licenciement a été un choc sur le moment, je l’ai vécu comme un mal, une injustice parce que voilà, on m’a présenté ça comme étant quelque chose qui était lié à mon travail, à ma personnalité, alors que c’était une fausse excuse en fait. Mais donc cette remise en cause personnelle a été un petit peu difficile à vivre. 

Et puis l’idée de me retrouver du jour au lendemain, voilà, sans… sans ma vie professionnelle, avec un gros repère qui part… 

Et puis je travaille dans une – enfin, je travaillais – dans une… dans un secteur qui était très très spécifique, donc j’avais à la fois la possibilité de retrouver du travail dans cette branche-là assez facilement, s’il y avait des offres d’emploi, parce que j’avais un profil très spécialisé, mais en dehors de ces offres d’emploi qui étaient très rares, là, j’avais du coup pas trop d’expérience et pas trop de… un profil qui était un petit peu à part.  

Du coup, je me suis dit  “voilà, je vais me retrouver sur le marché du travail avec une grosse difficulté à trouver un autre travail puisque je travaille donc dans une niche ; et d’autant plus que, voilà, qui travaille, enfin qui emploie, plutôt sur Paris ; et moi je vis à Lyon. 

Sur le moment donc ça a été un petit choc, ça a été un moment à passer. Et puis je me suis retrouvée dans une nouvelle recherche d’emploi où j’ai dû me livrer un petit peu à une introspection : qu’est-ce que je fais ? Est-ce que je continue à travailler dans ce milieu-là, ou est-ce que je profite de cette occasion pour, voilà, mettre un coup de pied dans la fourmilière et voir ce que je peux faire d’autre : envisager d’autres possibilités, éventuellement une reconversion. 

Ça m’a pris quelques mois de tout remettre à plat, de voir ce que j’avais envie vraiment, de… Voilà, j’en suis parvenue à la conclusion que je n’avais plus envie de chercher dans le milieu dans lequel je travaillais auparavant. J’en avais fait le tour. Voilà, c’est un monde où on nous demande sans arrêt de faire des choses avec des dates limites et une grosse pression. Et quand on sort de ce milieu-là et qu’on prend un petit peu de distance, on se dit “mais pourquoi une telle pression sur, au final, quelque chose qui repose sur du vent, qui n’est pas grand chose ?” Et je n’avais plus envie de rentrer dans ce mouvement-là, c’est-à-dire de me dire, de mettre la pression sur quelque chose qui au final reste quand même que de la pub, en gros ; donc éthiquement ça me plaisait plus. Et puis… et puis personnellement, ça me convenait plus non plus. 

Donc j’ai décidé d’arrêter cette carrière-là et de me tourner vers autre chose. 

Mais alors là, c’est là où l’introspection est venue, et c’est là où c’était un petit peu plus long à… à défricher. Parce que voilà, j’ai étudié les possibilités d’une reconversion, j’ai envisagé une reconversion dans le marketing digital, qui se rapprochait d’une certaine manière de ma carrière précédente, qui pouvait être “utilisée” entre guillemets, mais qui intégrait d’autres compétences que j’ai acquises de façon autodidacte avec le blog que j’écris ; et puis avec, voilà, toute la gestion des réseaux sociaux que j’ai découverte avec la communication autour de ce blog-là. 

Donc je me disais que ça ferait un bon… un bon lien entre les 2 carrières et que ça serait une solution qui pourrait me convenir, mais ça m’emballait pas. J’avais pas le coup de coeur, le… la motivation au fond de moi qui me disait “ah oui, ça va me plaire, il faut absolument y aller” ; j’avais pas envie de travailler de façon complète en freelance, donc je savais pas trop finalement vers quel métier précis me lancer. 

Et donc j’ai commencé à rechercher du travail en cherchant un petit peu sans… sans but précis. J’ai ouvert ma recherche de travail à des postes que je souhaitais, en priorité en temps partiel, mais pas uniquement. Je cherchais également un poste qui pourrait être… voilà, donc quelque chose qui exploiterait toutes les compétences que je pouvais avoir à titre personnel : tout ce qui est, voilà, “organisation” – je suis quelqu’un de très organisé -, de gestion de projet – qui peut s’appliquer à des tas et des tas de secteurs différents. Je suis partie de ces compétences-là en regardant les offres tous azimut et en me disant : “Ben toutes ces compétences-là, elles pourraient être bien exploitées dans telle offre qui, sur le papier, me plaît donc je postule”, donc je me suis pas vraiment fixé de limite et j’ai commencé à chercher du travail de cette façon-là. 

Ça intégrait aussi des sociétés de marketing, au final ; j’ai passé des entretiens pour faire exactement la même chose que ce que je faisais, alors même que j’avais décidé que finalement ça serait pas forcément ce que je voulais. 

Mais voilà, j’ai… j’ai un petit peu cherché tous azimuts. ça a duré un moment, on va dire pendant à peu près un an, j’ai passé plusieurs entretiens dans plusieurs sociétés qui n’ont rien donné. Jusqu’au moment où j’ai eu un processus de recrutement pour un poste qui m’intéressait bien, qui avait le mérite de mixer du marketing avec des choses administratives dans un poste où j’aurais l’autonomie de mettre en place moi-même les choses. Donc ça, c’était quelque chose qui m’aurait bien convenu. J’étais partante pour ce poste-là qui en plus avait des conditions qui allaient bien à ma vie de maman puisque c’était un temps partiel etc. Les entretiens se sont très bien passés, ça a duré assez longtemps. Et puis pendant cette année-là, je me suis retrouvée aussi de façon plus personnelle à me dire : ”Ben tiens, on a 2 enfants, je me retrouve au chômage, si jamais on veut un 3ème enfant, il faut qu’on en discute et qu’on le mette en place maintenant”. Et puis ben, en discutant, on s’est rendu compte qu’on en avait tous les 2 envie, donc on a commencé à faire des essais pour un 3ème enfant sans pression en se disant “Si on a un 3ème enfant, si ça marche tant mieux, si ça marche pas, tant pis, on est déjà comblés par la vie.” Puis ça a marché ! Et donc quand je me suis retrouvée en fin de processus de recrutement pour la société dont je parlais tout à l’heure, au dernier entretien, je me suis rendu compte que j’étais enceinte et je me suis retrouvée face à un dilemme face à la recruteuse : est-ce que je dis que je suis enceinte, est-ce que je le dis pas ? C’était tout neuf donc je ne savais pas trop quoi faire. Et au final, j’ai… je l’ai dit en fait, parce que j’ai voulu jouer la fiabilité en disant “bah voilà, de toute façon ça va se voir, de toute façon, dans 2 ou 3 mois ils vont être au courant” donc je veux pas le… je vais le faire en toute honnêteté, en toute transparence parce que… Evidemment, je n’ai pas eu le poste. Mais mais sur le coup, voilà, j’étais un peu déçue quand même de se dire que voilà, on… de ne pas avoir un poste parce qu’on est enceinte, c’est quand même dommage. Évidemment, c’était pas explicite parce que c’est interdit, on peut pas discriminer quelqu’un, mais forcément implicitement c’était ça, la raison. ça démontre pas quelque chose de très bien vis-à-vis de notre société, mais en même temps je comprends l’employeur. Voilà, entre 2 profils équivalents, ils sont allés au plus sécuritaire et je n’ai pas eu le poste. 

 

(MARIE) 

En parallèle de ta vie professionnelle et de ta vie de maman, tu tiens un blog que tu as ouvert il y a quelques années : est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur cette activité : pourquoi tu l’as ouvert ? Qu’est-ce que tu écris ? Quel était l’objectif ? Est-ce que tu peux nous parler de ce projet-là ? 

 

(MARIE – Invitée)

Oui, tout à fait. Ben c’est un projet qui m’occupe et m’anime depuis environ 5 ans. En fait, je l’ai ouvert à peu près à l’époque où la première fois la société dans laquelle je travaillais m’a proposé de me licencier. Mais j’avais, voilà, beaucoup moins de charges de travail, je m’embêtais un peu et puis je me suis dit “je vais essayer d’ouvrir un blog”, vraiment un coup de tête, vraiment complètement irréfléchi. Et puis ça m’a vraiment beaucoup plu. Du coup, je me suis mise à écrire beaucoup, plusieurs articles, toutes les semaines, sur plein de choses différentes, mais en priorité et principalement sur ma vie de famille. Alors sur LA vie de famille, plus exactement, c’est-à-dire j’écris pas forcément sur ma vie de famille à moi, mais j’ai écrit beaucoup d’articles qui concernaient, voilà, la maternité, la grossesse, les défis qu’on peut avoir dans notre vie de famille qui sont assez universels. 

Et puis sur plein d’autres sujets qui me concernent, donc ça peut être, voilà, mon attrait pour la lecture – donc je vous présente des livres -, des sorties que je fais à Lyon et alentours… Voilà plein plein de choses qui peuvent intéresser les mamans et les femmes en général. Toute cette introspection-là, j’en ai fait part sur mon blog dans divers articles sur ma recherche d’emploi. Et de ce que j’allais faire de ma vie en général et… et en fait, ça m’a permis à la fois de… voilà, de mener cette réflexion à bien et puis aussi d’en dégager des compétences que j’ai acquises au fur et à mesure : donc des compétences en rédaction, des compétences en gestion des réseaux sociaux, etc. Que, au final, j’ai pu exploiter après dans ma vie professionnelle. 

Et j’ai fini par revenir à une vie professionnelle, mais ça a pris… ça a pris du temps. 

 

(MARIE)

Donc tu n’as pas eu ce poste quand tu as annoncé que tu étais enceinte : est-ce que tu as poursuivi ta recherche d’emploi à l’annonce de cette grossesse ? Ou alors tu t’es consacrée à ce projet personnel-là ? Comment ça s’est passé à ce moment-là ? 

 

(MARIE-Invitée)

Quand j’ai appris ma grossesse et que je l’ai partagé avec l’employeur, c’était tout neuf, donc c’est vraiment pour ça aussi que j’ai hésité à le dire sur le moment parce que je l’ai appris et dans la foulée, j’avais un entretien. Et je me suis dit “Bah voilà si dès à présent ça pose un problème dans ma recherche d’emploi, clairement, dès que j’aurai un peu de ventre – surtout sur un 3ème ça va se voir vite…” ça sert à rien que je continue à chercher du travail ou en tout cas je vais y passer de l’énergie pour des chances extrêmement limitées de trouver un emploi tout de suite. Donc j’ai arrêté ma recherche d’emploi. Donc ça m’a permis d’avoir toute cette période de grossesse dans une sérénité absolue parce que… bah déjà c’était mon 3ème enfant, donc en termes d’expérience, voilà, je vivais les choses avec… voilà, plus de facilité. Et puis en sachant que c’était quand même très probablement notre dernier enfant, donc en profitant au maximum de toutes ces choses. Ça m’a permis de profiter de mes filles pleinement. Je me suis accordé cette pause-là, en me disant “Ben c’est la dernière fois que je vis une grossesse, et ben, je vais vivre à fond, tant pis, je travaillerai pas”. On a la chance que financièrement, ça nous ait pas mis dans la panade. Donc, c’est aussi ce qui m’a permis de le vivre de façon aussi détendue, on va dire, mais c’est du coup une pause, une parenthèse dorée que j’ai pu avoir dans ma vie, de profiter de cette grossesse à fond. 

 

(MARIE)

Et alors, après l’arrivée de ta 3ème fille, le retour au travail, tu l’as appréhendé comment ? Tu t’es relancée sur une recherche d’emploi ou tu t’es donné du temps : comment ça s’est passé ? 

 

(MARIE-Invitée) 

Je me suis donné du temps, déjà parce que la petite est née juste avant le confinement, donc en fait ma partie de post partum je l’ai vécue pendant le confinement. Donc le plan de départ, c’était que je reprenne le travail au printemps. Donc elle est née en décembre, mon congé maternité se terminait en avril. Et puis je m’étais dit “je reprendrai une recherche active de travail à ce moment-là”. Et on s’est retrouvés donc dans une période troublée où on ne savait pas s’il y aurait école, s’il y aurait pas école, si ça allait revenir ou pas, si on allait de nouveau être confinés, couvre-feu etc. Bref, c’était quand même pas une période idéale pour reprendre un travail. Surtout quand, comme moi, on savait pas où aller. 

J’ai pas eu envie de me relancer dans une recherche d’emploi si rapidement, donc on a… on a repoussé nos projets en se disant “Bah je vais, je vais garder jusqu’à septembre et puis on verra en septembre, donc je reprendrai une recherche de travail. 

Donc au final, ça a duré encore. Jusqu’à… jusqu’à septembre de cette année, donc j’ai au final passé l’année dernière auprès de mes filles. Du coup je les… J’ai profité à fond de ses 2 premières années puisque je suis restée avec elle tout le temps. Et puis évidemment également auprès des grandes. 

Et cette fois-ci, en septembre, là, j’avais…les conditions étaient mieux réunies pour que j’aie envie de… de vraiment reprendre une vie professionnelle. 

 

(MARIE)

Donc en septembre 2021 t’as redémarré une recherche d’emploi : est-ce que tu l’as menée comme avant la naissance de ta 3ème fille, c’est-à-dire en partant de tes compétences et en checkant finalement les offres d’emploi qui faisaient appel à ces compétences ? Est-ce que t’avais d’autres critères ? Comment tu t’es organisée sur cette recherche d’emploi ? 

 

(MARIE – Invitée)

Là, je suis partie de la même chose, c’est-à-dire qu’effectivement, j’étais toujours pas assurée sur quel chemin prendre, quelle orientation professionnelle prendre. Et au final, je me suis dit “mais si, en tout ce temps-là, j’ai toujours pas trouvé ma voie précise, c’est qu’il y a aussi une raison”, c’est que, à ce moment-là de ma vie, je ne fixe pas la priorité sur mon travail, mais sur d’autres… d’autres choses qui sont ma vie de famille, qui sont ma vie, mon épanouissement personnel, et qui passent pas forcément par le travail. Après, je voulais reprendre quand même une activité professionnelle parce que la stimulation intellectuelle qui va avec, la stimulation sociale qui va avec, me manquaient ; j’avais envie de les reprendre. J’en suis parvenue à la conclusion que pour moi, l’idéal, ce serait d’avoir une solution qui me permette de trouver un équilibre entre tout ça : entre une vie professionnelle qui soit épanouissante, pas forcément prenante au point de prendre le pas sur ma vie personnelle ; de garder l’accent sur ma vie personnelle et familiale en trouvant le temps de m’occuper de mes enfants ; et puis également de… de gérer mon épanouissement personnel qui passe par mon blog dont j’ai parlé précédemment, par le fait que j’écris, mais pas que : parce que je me suis mise aussi depuis quelques mois à 2 autres passions, qui sont la broderie et l’aquarelle, qui m’ont amenée en fait à développer des pratiques de ces différentes activités artistiques intensives, et que j’ai pas envie de perdre. J’en ai profité pour créer une micro-entreprise, qui reste quelque chose de très secondaire, mais que j’avais pas envie de perdre en fait.  

Donc, croisant toutes ces… toutes ces informations, je me suis dit “C’est pas le moment de me réorienter réellement vers un nouveau métier que j’aurais besoin d’apprendre”. C’est-à-dire que j’avais pas envie de faire une formation plus ou moins longue sur un métier auquel, derrière, j’étais pas sûre d’accorder l’attention qu’il mérite. C’est-à-dire que si j’avais fait une formation pour… je sais pas, je parlais du marketing digital précédemment, j’aurais peut-être fait toute la formation pour, derrière, me dire “c’est pas ça qui me convient” et ça aurait été un peu perdu, donc j’avais pas envie de ça. Donc peut-être que ça viendra dans l’avenir, que j’aurai envie de trouver une nouvelle voie vers laquelle me réorienter, mais c’était pas ce dont j’avais besoin là. Donc du coup je suis parvenue à la conclusion que ce qui pour moi serait le plus efficace et le plus agréable, me correspondrait le mieux, ça serait de continuer à chercher un temps partiel qui puisse exploiter les compétences que j’avais déjà acquises dans le cadre de ma vie professionnelle et de mes activités personnelles ; et qui puisse… voilà, me permettre de travailler et en même temps de continuer à mener ma vie à bien comme je le faisais jusqu’à présent. 

Il a fallu que je fasse, quelque part – je dirais pas un “deuil”, c’est… c’est beaucoup trop fort – mais il a fallu quand même que je fasse ce travail d’introspection pour accepter que mon ambition… j’ai pas besoin d’avoir des grandes ambitions, qu’elles soient très hautes, à partir du moment où elles me comblent. Donc j’ai… j’ai eu ce travail de déconstruction de tout… toute la façon dont j’ai toujours considéré tout travail comme quelque chose de vraiment prenant. En disant “Bah si, au final, j’ai pas un job de cadre où je passe des heures, en temps plein à être à fond dans mon travail, bah ça ne veut pas dire que ça n’a pas de valeur ce que je fais”. Et donc c’est en partie pour ça que je me suis tournée vers des tâches administratives qui exploitent le même fond d’organisation et de gestion de projet que j’ai toujours exploité dans ma carrière professionnelle, mais d’une autre manière et appliqué à un autre niveau. 

Donc je… j’ai commencé à organiser ma recherche d’emploi, à l’orienter vers des activités administratives, en gardant un œil ouvert à d’autres possibilités selon les offres que je voyais. Je me suis retrouvée face à une recherche d’emploi qui était quand même plus difficile parce que j’avais pas forcément le profil, donc il fallait que j’aille me vendre en tant que personne sur un profil où on ne m’attendait pas forcément ; il fallait également que j’arrive à croiser tout ça avec mes contraintes personnelles, qui étaient liées à ma vie de famille. Tout ça cumulé, ça… ça faisait quand même pas mal de contraintes à prendre en compte dans ma recherche d’emploi. Je savais que cette recherche-là, elle était plus dure, donc elle me prendrait plus de temps, mais je voulais… je voulais me laisser la possibilité d’y arriver. 

Donc du coup j’ai mis toute mon énergie à essayer de trouver ce poste-là, qui puisse convenir à tout, quoi.

 

(MARIE)

Et alors quelles difficultés t’as rencontrées concrètement ? Des remarques qu’on t’a faites ou des réponses qu’on a pu te faire sur le fait que t’avais une… voilà, une recherche sur un poste avec peut-être moins de responsabilités que ce que t’avais pu connaître avant ? Ou avec des exigences et des critères assez particuliers ? Est-ce que t’as des exemples à nous donner ? 

 

(MARIE -Invitée) 

Je pensais que voilà, on m’attendrait pas et au final, j’ai quand même eu pas mal d’entretiens, donc c’était plutôt une bonne surprise. Mais j’ai eu pas mal d’entretiens qui ont pas débouché sur des postes. Parce qu’en fait, je me suis retrouvée donc sur une recherche où, soit je postulais à un poste qui était vraiment de l’administratif très basique (du secrétariat, des choses comme ça) où en fait on m’appelait même pas, j’avais pas d’entretien ; parce que je pense, voilà, certainement que le fait que j’aie été cadre et que, voilà, mon CV le mentionne, ça a certainement peut-être découragé des employeurs potentiels en se disant “Bah elle va peut-être pas vouloir travailler à un salaire moins élevé, à des horaires moins élevés, sur des tâches un peu plus plan-plan on va dire”. Donc moi je savais pourtant dans quoi je mettais les pieds, mais je pense que les employeurs du coup ont préféré des profils plus directement opérationnels, plus en ligne avec ce job-là. Et par contre, dès que le poste était, toujours dans l’administratif par exemple, mais avec une demande beaucoup plus qualifiée, là mon CV faisait mouche. Donc du coup j’ai eu pas mal d’entretiens pour des postes un peu plus évolués que du secrétariat classique, qui se sont toujours très bien passés, auxquels chaque fois on m’a dit “c’était super, ça s’est bien passé, on a bien apprécié votre personnalité, mais on a choisi de… d’embaucher quelqu’un d’autre sur le poste, qui sera plus directement opérationnel”. Et surtout quelqu’un qui serait disponible dans les 2 ou 3 semaines qui suivaient, ce qui était pas forcément mon cas vu que j’avais ma fille avec moi et qu’avant de pouvoir prendre une prise de poste réelle, il fallait que je puisse organiser sa garde pour pouvoir me libérer. Donc je pense que c’est ça qui a posé souci. 

 

(MARIE)  

Et alors : dans cette recherche, en fait, de concilier ta vie personnelle, professionnelle et aussi tes activités plus créatives à côté, est-ce que à un moment t’as envisagé d’être indépendante ? Ou alors : dans ce que tu expliques, dans ton parcours, j’ai le sentiment que t’as toujours voulu revenir au salariat ? Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi ? 

 

(MARIE – Invitée)

En fait, il y a un moment où la question s’est posée. C’était plus avant que je reprenne une recherche active d’emploi. C’est-à-dire, à partir du moment où je me suis fait licencier, mon blog était un peu dans… dans son top, on va dire ; je… j’écrivais pas mal, j’avais des partenariats et je me suis dit “est-ce qu’il y aurait pas la possibilité de développer ça de façon free-lance ? De basculer sur de la rédaction web par exemple ?” Donc, qui me permettrait de… voilà, de travailler sur des tâches qui me passionnent, mais qui du coup deviendraient rémunératrices plutôt que de les faire juste pour mon plaisir.  

Donc j’y ai réfléchi. Sauf que je pense qu’on nous vend beaucoup en ce moment ce modèle de “mum-preneur”, ce modèle qui est très très en vogue de… de travailler de façon indépendante pour pouvoir, ben, voilà justement gérer sa vie de famille comme on l’entend et travailler en même temps. J’ai un peu peur de ce modèle-là : d’une parce que je pense qu’il correspond pas à tout le monde et que moi en l’occurrence, je pense que je… j’ai une certaine fibre entreprenariale, mais qui sera pas assez développée pour que j’en fasse mon métier uniquement ; donc il y a déjà cette partie vraiment personnelle. Et puis en plus je pense qu’on nous vend un modèle idéal alors que dans la réalité des faits c’est pas forcément si facile que ça de… d’équilibrer sa vie de famille et sa vie de professionnelle en restant à la maison. Et je suis pas certaine que ça me convienne, et je suis pas certaine que ça soit facile à mettre en place et à vivre au quotidien. Donc moi c’est pas… c’est pas un modèle sur lequel j’étais partante pour l’appliquer à temps plein. Parce que déjà, pour travailler – en l’occurrence sur de la rédaction web ou sur autre chose – il faut passer une grosse partie du temps à se vendre, ce qui est vraiment pas mon mon délire – j’aime pas trop le côté commercial et j’avais pas envie de passer trop de temps là-dessus. Et puis voilà, il y a une certaine insécurité de travail qu’il faut accepter avec un statut free-lance : pas savoir exactement combien on va recevoir tous les mois, avoir des mois où on a beaucoup de travail et on n’a plus le temps de voir sa famille, et d’autres où on n’en a pas, et on n’a que ça…Moi j’avais envie de quelque chose qui soit plus stable, qui soit plus sécuritaire et qui me corresponde mieux. Mais je voulais pas non plus faire une croix sur… voilà, toute la partie entrepreneuriale que j’ai commencé à mettre en place avec mes activités de broderie et d’aquarelle. J’avais envie de développer ça, mais en ayant la sécurité de me dire “si ça marche pas, c’est pas grave.” C’est un complément de revenus, ça reste un plaisir et je ne base pas tout sur ça. Et du coup, voilà, moi le système “hybride” entre un travail salarié et une possibilité de développer quelque chose d’indépendant à côté me convenait beaucoup mieux. 

 

(MARIE) 

Alors concrètement, aujourd’hui ton quotidien, ton organisation, ce mode “hybride” : ça se passe comment ? 

 

(MARIE – Invitée) 

Et ben, ça se passe très bien en fait, ça vient de commencer. En fait, lorsque j’ai eu toute cette démarche de me dire “il faut que je trouve un poste qui me permettra de tout allier”, je savais que ça prendrait du temps, que ça serait difficile. Et puis au bout de quelques mois de difficultés, j’ai commencé quand même à me dire “bon… certes, je vais me donner les meilleures chances d’y arriver mais est-ce que vraiment je vais y arriver ?” 

Et puis… et puis à ce moment-là, de façon assez inespérée : 3 offres d’emploi, qui sont parfaitement dans les clous, qui sortent. Je postule aux 3. J’en ai une qui n’a rien donné – j’ai pas eu d’entretien. J’en ai eu 2 autres et puis j’ai fait les 2 entretiens. Et l’une des 2, l’entretien, je pars en me disant “Bon bah super, le poste me plaît mais du coup allez, je vais me battre, je vais me vendre”, je vais démontrer que ça fait longtemps que j’ai pas travaillé – parce que j’ai eu une recherche d’emploi, plus derrière un congé parental assez long, donc en tout ça faisait 3 ans que j’avais pas travaillé. Donc j’avais, je partais en me disant “Il va falloir que je me vende, que j’explique tout ça” : que j’explique que, certes je n’ai pas travaillé, mais que j’ai été très active parce que j’ai eu 3 enfants, parce que je m’en suis occupée, parce que j’ai monté une micro-entreprise en parallèle, que j’ai un blog que je tiens à jour de façon très régulière, donc l’activité elle est là. Mais par contre il faut que je trouve en face quelqu’un qui soit prêt à entendre ce que j’ai à dire. Donc je pars dans cet entretien avec cet esprit-là. Et puis en fait c’est l’inverse qui s’est passé, c’est-à-dire que c’est eux qui m’ont déroulé le tapis rouge en me disant “bah voilà, c’est votre profil qui nous a plu, nous ce qu’on veut vous proposer, c’est un temps partiel, mais on comprend bien que vous êtes maman, vous avez des contraintes, donc nous on voudrait voir avec vous ce qui vous conviendrait en termes d’horaires, en termes de temps, de volumes horaires, d’organisation…”. Donc tous ces points-là, on les a discutés lors de l’entretien comme si j’étais déjà embauchée. Et puis voilà, toutes… toutes les conditions du poste, on les a discutées ensemble pour trouver vraiment l’option qui nous conviendrait le mieux à tous les 2 : à l’entreprise pour développer ses projets, et à moi pour concilier ma vie personnelle et ma vie professionnelle. 

Et puis tout ça s’est passé dans une… dans une approche très bienveillante où on a montré qu’on avait lu entre les lignes de mon CV, qu’on avait pris en considération mes qualités professionnelles et personnelles. Donc je suis sortie de l’entretien enchantée, en acceptant ce poste-là je me permettais d’avoir un équilibre bien respecté entre ma vie de famille, mon épanouissement personnel et ma vie de femme, et mon épanouissement professionnel. Le tout en ayant quelqu’un qui soit à l’écoute en face. Et ça, c’est pour moi quelque chose qui est presque inestimable. Et pour l’instant – je dis bien “pour l’instant” parce que j’ai commencé il y a pas très longtemps – mais ça se passe exactement comme je l’ai imaginé. J’ai commencé ce nouvel emploi qui se passe très bien, j’ai un… on va dire un 3/5 qui me permet d’être dans mon entreprise et de travailler là-bas sans problème. J’ai mon mercredi que je consacre entièrement à mes filles, et 2 après-midis par semaine où je fais garder mes filles ou alors elles vont à l’école, et où moi du coup j’ai ce temps-là seule chez moi, qui me permettent de développer ma micro-entreprise et d’y accorder du temps. Donc j’arrive à joindre… à joindre tout ce qui m’intéresse dans une formule. Pour l’instant ça se passe très bien donc j’espère que ça va continuer comme ça et je pense que là, on tient le… on tient la bonne formule, en tout cas en ce qui me concerne, et ce qui me concerne à cette période de ma vie quoi. 

 

(MARIE) 

Si je te demande de nous raconter ton pire moment dans ta vie de Maman Bosse, tu penses à quel moment ? 

 

(MARIE – Invitée) 

Bah figure-toi que j’ai réfléchi parce que, en bonne auditrice de ton podcast, je connais déjà cette petite question. Et en fait, j’ai réfléchi et je me suis dit que j’en ai pas vraiment des mauvais… des mauvais moments de Maman Bosse, parce qu’en fait j’ai pas eu beaucoup de grosses déceptions dans ma vie professionnelle ; celles que j’ai pu avoir datent plutôt de avant que j’aie des enfants et je pense que c’est justement parce que j’ai eu des enfants que j’ai pas eu de… de mauvaises expériences. Parce que c’est le fait d’avoir des enfants qui m’a aussi amenée à avoir ce recul-là et à me dire que ma vie professionnelle, elle a une grosse part, une grosse importance dans ma vie, mais elle a pas la priorité. Et du coup, quoi qu’il puisse m’arriver dans ma vie professionnelle, au final, je le prends avec détachement, avec recul, en me disant que c’est, au final, pas très grave ; donc j’ai pas vraiment de mauvais… de mauvaises expériences professionnelles qui sont reliées à ma vie de maman. 

 

(MARIE) 

Et alors, à l’inverse, est-ce que tu aurais un meilleur moment dans ta vie de Maman Bosse ? 

 

(MARIE – Invitée) 

Bah je crois que, au final, bah c’est maintenant mon meilleur moment. C’est le fait d’avoir réussi à équilibrer tous les grands besoins de ma vie pour trouver un épanouissement complet dans ma vie professionnelle, dans ma vie personnelle comme dans ma vie de femme ; et puis de me dire que, voilà, je suis du coup sereine par rapport à cette situation-là et que ça rejaillit sur ma famille, sur le reste, et ça, c’est hyper précieux. 

 

(MARIE)

Et alors la toute dernière : si tu devais donner un conseil à la jeune femme que tu étais en début de carrière, ce serait quoi ? 

 

(MARIE – Invitée) 

Même quand on a un moment où on doute, où on se dit “Bon ben là, voilà, il va m’arriver quelque chose de terrible, je vais me faire licencier” etc… derrière, si on s’écoute, et qu’on prend le temps de faire le point sur ce qu’on veut vraiment, on peut réussir à au moins essayer de mettre en place la solution qui nous convient. Je dis pas que c’est facile, il faut faire certains sacrifices. J’ai eu la chance de pouvoir les faire parce que j’ai eu des conditions matérielles et familiales qui m’ont permis,voilà, de m’appuyer sur des ressources qui sont pas forcément données à tout le monde. Mais en tout cas, le fait de pouvoir s’écouter, se faire confiance, c’est ce qui est le plus important parce que même si on a des épreuves à traverser, si on les traverse en se faisant confiance et en… en se disant qu’on a fait du mieux qu’on pouvait, au final on arrive à les surmonter ; à sa manière, mais on arrive à les surmonter et c’est ça le plus important. 

 

(MARIE) 

J’espère que cet épisode vous a plu. Si vous pensez que ce témoignage peut inspirer d’autres femmes, n’hésitez pas à le partager autour de vous. Et si vous avez envie de découvrir un peu plus l’univers de Marie, notamment son cheminement et ses réflexions sur son retour à l’emploi, rendez-vous sur son blog Picou Bulle : vous trouverez toutes les références dans les notes de l’épisode et sur le site mamanbosse.fr. 

 

Je vous dis “à très vite” pour un nouvel épisode et d’ici-là… Maman bosse ! 

 

Maman de 3 filles, Marie a fait toute sa carrière professionnelle dans le marketing jusqu’à un licenciement abusif. Bien que la perte de son emploi lui laisse un goût amer, elle lui permet d’ouvrir les yeux sur ce qui est essentiel dans sa vie : son équilibre personnel.
Elle fait alors de cette pause professionnelle un temps de réflexion et de remise en question.
En parallèle de sa recherche d’emploi, Marie continue de développer son blog Picou_bulle et crée sa boutique en ligne de broderie et d’aquarelle Tambour.battant .
Marie part en quête de la bonne formule entre salariat et entrepreneuriat.

Est-ce que sa recherche d’emploi sera fructueuse ? Parviendra t-elle a se créer l’emploi du temps sur-mesure dont elle a envie ?
La réponse est à écouter dans l’épisode.

Le conseil de Marie

 Lorsque l’on doute, qu’on perd confiance, derrière si on s’écoute et qu’on prend le temps de faire le point sur ce que l’on veut vraiment, on peut réussir à mettre en place la solution qui nous convient.
Je ne dis pas que c’est facile, il faut faire certains sacrifices.
Mais le fait de pouvoir s’écouter, se faire confiance, c’est ce qu’il y a de plus important .

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